Roman
Une peintre, Josépha Livingstone, dialogue empiriquement avec certaines des œuvres de son défunt mari Edouard Heliott, afin d’en dégager l’unité de construction.
A partir d’indices, de thèmes, de jeux d’opposition, elle développe les actes, les scènes d’une « pièce » qui n’est autre que celle de leur vie commune. Pour finir elle le saisit acteur dans les deux sens du terme.
Il donnait à comprendre bien des choses et à interpréter les détails de la vie, dans une « musique » où il ne voulait pas tout dire. Car dans ses tableaux, formes et couleurs avaient le rôle des noires et des blanches et donnaient la mesure de sa vision du monde. Pour lui, il s’agissait encore d’unir matière et forme afin de construire l’architecture de la toile. C’était sa seule orientation esthétique.
Rester curieux, c’est ce qu’il pouvait souhaiter de mieux aux futurs peintres. Mais il percevait dans le spectacle du monde une façon de montrer une vérité voilée. C’est pourquoi il n’était pas trompé par les apparences. Il se méfiait des illusionnistes de tous bords, même s’il savait que la peinture demeurait elle- même une source de fantasmes. Il savait cependant être un bon spectateur, car il avait le sens du jeu et du théâtre. Fallait-il rire ou pleurer de tout ça ? Son habileté consistait à toujours laisser la porte ouverte à la vérité bien cachée à l’intérieur du tableau.