Criminologie
« Monstre de Florence »… Tel est le nom que la presse italienne a donné à cette figure criminelle indécryptable qui, durant dix-sept années, a fait couler le sang dans les collines toscanes. Le sang de seize personnes, des couples de jeunes gens en mal d’intimité, froidement abattus dans leur voiture, sauvagement poignardés et, pour les jeunes femmes, quand les circonstances s’y sont prêtées, atrocement mutilées, excisées. L’inconnu au calibre .22 a semé la terreur dans les campagnes, d’abord sporadiquement, en 1968, puis en 1974, ensuite à une cadence annuelle effrayante, 1981, deux fois, 1982, 1983, 1984, 1985, toujours à l’été, toujours le week-end, toujours les nuits sans lune, selon un rituel assassin que rien ne semblait pouvoir arrêter.
Le dimanche 7 juin 1981 au matin, le brigadier Vittorio Sifone, policier au commissariat de Scandicci, sort de chez lui accompagné de son fils de quatre ans. Le ciel est limpide, une brise douce caresse la Toscane. Sur la route de Rovetta, au sud-est de Florence, coule une source – le brigadier s’y rend pour prélever quelques litres d’eau. C’est l’occasion de passer un peu de temps avec son enfant en ce jour de repos. La vie de flic n’est pas rose tous les jours, n’est-ce pas… L’Italie se relève doucement de l’attentat contre le pape, à peine un mois auparavant.