Roman
Marcel est le dernier descendant vivant de sa famille décimée par une malédiction dont il se croit responsable, et qui vient le chercher à son tour. Parce qu’il est né Pétain, avec la force d’un cheval de trait. Parce que dans cette famille on tait les traumas, on s’aime bizarrement, on fait silence de tout ce qui entache, on se transmet tout. Tout. Quand identité rime avec culpabilité, on marche en pointillé, on marche de travers, voire même, on recule.
L’oncle Lucien Pétain voit mal les inscriptions de la médaille à travers les hublots de son masque à gaz. Son ventre gargouille, ça remonte dans ses oreilles. Il ne descend pas pour prendre à manger, il faudrait qu’il enlève son masque pour avaler et il ne peut pas car les risques de contamination sont trop grands. Hier, il a senti un goût de métal dans sa bouche et sans attendre, il a enfilé son masque à gaz, a sorti son dosimètre qui n’a rien affiché d’anormal, mais peut-on se fier à ces appareils ? Lucien ne veut pas être irradié comme ces pauvres gens de Tchernobyl.